Le président malgache Andry Rajoelina appelle au respect de la Constitution dans un pays au bord de la rupture.
Son message, diffusé avec plus de trois heures de retard sur la page Facebook officielle de la présidence, intervient dans un climat de défiance généralisée. Télévision nationale silencieuse, rumeurs de coup d’État, exfiltration secrète : l’île est suspendue à une vidéo tournée à huis clos.
« Il n’y a qu’une seule issue pour résoudre nos problèmes : respecter la Constitution. Si nous ne le faisons pas, la pauvreté va empirer », déclare Rajoelina, droit dans la caméra. Contesté par la rue, par une partie de l’armée et par la génération Z malgache, il rejette toute idée de démission. Selon plusieurs sources citées par RFI, une tentative de putsch aurait été amorcée fin septembre, au tout début des manifestations.
Dans la même allocution, le chef de l’État affirme avoir échappé à un projet d’assassinat. Son entourage parle d’« alertes sérieuses ». D’après les informations obtenues par RFI, le président aurait été exfiltré le 12 octobre par un avion militaire français vers La Réunion, avant de poursuivre vers une destination tenue secrète, accompagné de sa famille.
Rajoelina dit vouloir rouvrir la voie du dialogue : « Je reste ouvert à la discussion pour sortir de cette crise. » Une phrase qui sonne comme un appel au calme… mais que peu semblent entendre.
Car à Antananarivo, la colère gronde encore. Dans les rues, la jeunesse scande son ras-le-bol d’un système verrouillé, d’un pouvoir perçu comme déconnecté, et d’un avenir toujours remis à plus tard.

